11/06/07-15h08.
Lorsque nos esprits ne tiendront plus qu'à une mince chaînette appelée « raison », et quand bien même nous l'aurions perdu ; rien ne nous dissuadera de poursuivre nos vains travaux, simplement pour nous convaincre d'une utilité pourtant proscrite par la nature même de l'être humain et de son travail, dans le vomitif spectacle d'une espèce en dégénérescence.
A l'instar des irradiés, nous nous en prendrons aux plus grands pour nous fixer un but autre qu'une éternelle défonce au gaz d'échappement au milieu des rues pavées par les desseins de millions de blancs moutons, baignant dans la douce mais laxative illusion d'un lendemain plus « beau ».
Le beau, quelle aberration. Comparer l'esthétique d'un art-ificiel à celui, infiniment plus grand, de la nature qui a eu la folle ambition de nous engendrer ?
Les molécules qui nous forment sont-elles belliqueuses, déprimées, en crise hormonale ?
Non ; et nous ne nous en occupons guère.
12/06/07-16h46.
Chaque fois que je m'arrête de vivre, je pense. A ce que je suis, où je suis, où j'en suis.
A ce que les autres peuvent penser de moi, sans me connaître vraiment. Chaque fois que je regarde aussi loin que mon esprit peut me porter, chaque fois que je rêve, que je me perds en moi... Chaque fois.
Une éternité devant moi, une éternité qui passe trop vite, qui ne me laisse pas le temps de me raccrocher à ce que je veux.
« Tu es un étudiant, encore ; en passe de devenir un adulte responsable.
-Responsable de quoi ? Je suis différent de toi ; tu ne sembles pas rêver. Si j'oublie mes rêves, je tombe ; si je vis trop pour eux, je tombe encore plus bas. »
C'est de mon spleen que je tire ma force.
C'est de mon indifférence que je tire ma force.
C'est de ma solitude que je tire ma force.
C'est de mes défauts que je tire ma force.
C'est du rien qui est en moi que je tire ma force.
C'est de ma lucidité que je tire ma force, et mes rêves.
La haine des pairs, l'angoisse au fond du ventre.
La mort d'un Dieu, la vie de nos haines ataviques.
Des milliards d'atavismes courent le long du Gange, et nous n'y pouvons rien faire.
Crois-tu bouger telle une vague ?
Tu n'es que plancton, prêt à te faire dévorer par la baleine, le monstre de toutes nos frayeurs socio-économiques...etc.
Deviens-le. Détruis. Abhorre. Dévore.
Ce que nous espérons, nous le craignons plus que toute autre chose.
Détruis tout ce pourquoi tu as vécu.
Fragilise-toi par l'angoisse, durcis en te blasant.
Ne manque jamais ton coup, hurle sur celui qui te gave, ne tolère pas, abhorre, stylise ta vie à la lame de rasoir.
13/06/07 -16h41.
Il n'y a plus aucun intérêt à ce que qui de droit se sente affligé par la tempête des émotions, pris dans le phare Est d'une gynécée...
Jusqu'à ce que l'ultime ennemi s'enferme dans un plus grande cage que lui, estimé bon prince aux yeux d'une plèbe aux yeux gris ; gris des larmes d'amiante qui ont coulé chez ces ouvriers broyés jusqu'à ce que l'usine soit rassasiée, et ne se prenne plus qu'à boire leur sang dans son vin de mercure.
Ce que tu as vu, le retransmettras-tu sur les grandes ondes de nos frères aveuglés par une douleur mammaire ?
Je ne suis pas dérangeant, je vais en silence vers le qui de mon âme, gaz purifié par l'air d'un ozone percé tel l'hymen de la vierge effarouchée...
Donne envie de rester là, ici-bas dans les décombres d'une cité aux mille et un talents cachés au fond des toiles d'araignées-cervelles d'habitants brillants dans la nuit. Que fais-je ici ? Que suis-je aujourd'hui ?
Qu'as-tu compris ?
Ce que tu as vu, je ne veux pas l'entendre ; trop connu de galères au ras des flots tranchants de nos lames anti-gêne, anti-cordes, vocables et alter régionalistes...
14/06/07-10h27.
Perdu sous les lumières blanches, et les pales des ventilateurs ; je fume...


