Ils sont là. Elle, et Lui. Devant la gare, elle a encore les yeux embués de larmes , et je ne pense plus à rien. Ils s'éloignent, passent la double porte, j'en sors une et l'allume.
Je marche, m'arrête au Bourbon, prend un café et sors une goldo. Puis une blonde. Et encore une blonde. Et pourquoi pas une autre.
Je sors, m'arrête sur le fleuve, m'asseois dans l'herbe trempée, avec la morsure du froid dans le cou et sur le visage, les mains engourdies; une autre blonde.
C'est tout; le côté gauche s'est encore disloqué, et j'm'y suis toujours pas habitué. Les larmes montent, je sens leur chaleur sur mes paupières, et finissent par geler sur mes joues.
Un coup à droite:
"Here's to you, Nicola and Bart
Rest forever here in our hearts
The last and final moment is yours
That agony is your triumph"
Et un peu plus à gauche:
"Reviens moi, de tes voyages si loin reviens-moi, tout s'ajoute à ma vie; j'ai besoin de nos chemins qui se croisent, quand le temps nous rassemble... ensemble tout est plus joli..."
Les larmes ont séché, mais j'ai du mal à sourire; j'ai beau aspirer à vivre de mes idées, je ne suis pour l'instant qu'un grand sensible idéaliste qui s'endurcit chaque jour sans perdre pied dans l'arrogance. Mais après tout, ce n'est pas ça l'important; l'important, c'est que... bref, vous savez bien.
"Je te donne la plume, et mes conneries garde-les."