Je relève la bouteille, la porte à mon visage qui se couvre aussitôt d'un alcool luisant sous la lumière fantomatique de l'astre nocturne, mais me plongeant dans les ténèbres. Le goulot trouve mes lèvres, ma gorge s'emplit du liquide qu'elle ne ressent même plus, et, jusqu'à au plus profond de mes entrailles, jusqu'à mon foie déjà éponge, le feu dans cette eau me brûle, entraînant mon corps sur le bûcher de mes désirs, consumant mon c½ur dans les plus perverses de ses envies ; faisant fondre la glace qui l'entoure, enfonçant chaque porte que j'ai moi-même fermé, réveillant chaque artère qui dans un profond coma hibernait.
Remontée jusqu'à mon cerveau, depuis longtemps immense toile d'araignée, infesté de mouches engluées, battant des ailes dans une agonie sans fin, tentant de se dévorer elles-mêmes pour y mettre un terme, sans oser espérer un quelconque succès. Une nuée d'êtres difformes, aussi bien nommés Horreur, Haine, Perversité ; remuant dans mon esprit, le poussant aux plus sordides pensées, aux plus lointains cauchemars.
J'ouvre les yeux, discernant un bruit étranger ; la porte s'ouvre, et l'Horreur s'éprend de mes yeux; je vois, à la lumière d'une Lune plus grise que jamais, s'avancer vers moi une forme humaine, se déplaçant d'une manière décharnée ; un visage féminin, angélique, greffé à un corps brûlé, tout n'est que plaie sur ce torse sans forme, ses jambes tordues, ses bras presque transparents à la lumière, mais constellés de taches noires pareilles à de monstrueuses cloques.
Et soudain, je comprends; cette chose devant mon lit, ce corps est le mien, ravagé, seules les stigmates de quelconques tortures me sont inconnues et l'entrejambe exempte de toute excroissance masculine. Me retrouver face au plus clair exemple de mon échec est plus que je ne peux supporter, s'insinue dans mes yeux la Haine, et avec cette fatale compagne un irrésistible désir de violence envers cette muse du Macabre, cet hybride immonde ne pouvant que répugner tout être sain d'esprit.
Mais au Pathos, l'Eros choisit son moment pour survenir, et la Perversité prend le dessus... je m'offre, nu, allongé, tendu, oubliant l'alcool dans mes veines au profit d'un plaisir m'emplissant de haine ; et la voilà, ou le voilà –qu'en sais-je ?- s'agenouillant, jambes autour des miennes, et remuant, remuant dans la position que Lilith demandait de son compagnon d'Eden, et moi, jouissant, et faisant jouir la succube par un va et vient monotone, m'oubliant dans un monde gris et blanc, où ne subsistent que les plus noires pensées, les miennes.
****oula... c'est que c'est brouillon tout ça... excusez-moi, j'étais à moitié bourré quand je l'ai rédigé ce matin... faudra que je trouve le temps pour reprendre l'ensemble...****
![Esthétique Nécrologique [je ne sais pas, je ne sais plus]](http://89.img.v4.skyrock.net/89f/firefly696/pics/302815968_small.jpg)
